Interview spéciale

Interview exclusive avec Jonathan Bourgault (dernière partie)

Suite aujourd’hui de notre entretien avec l’ancien milieu de terrain québécois du FC St. Pauli. Et un grand merci à lui pour avoir joué le jeu avec notre communauté d’une manière si sympathique !

5- Que penses-tu des valeurs antifascistes, antiracistes et contre les autres discriminations défendues par le club et ses supporters ?

Ce sont des enjeux extrêmement importants et j’étais fier de représenter un club avec ces valeurs. Le FC St. Pauli a été sinon le, au moins l’un des premiers, club au monde à bannir le racisme, le sexisme, l’homophobie et toutes autres discriminations. Plusieurs initiatives ont été prises par le club pour supporter différentes organisations.  Avec la montée de groupes politiques racistes et nationalistes en Allemagne, il est important de rester solidaire et de confronter ces comportements disgracieux. Je pense que c’est la base de tout et ce genre de comportement n’a pas sa place dans ce monde. Le foot est un sport regroupant des joueurs venant des quatre coins du globe; c’est un rassemblement, une fête, une célébration et il est important de protéger tout cela à l’intérieur des stades comme à l’extérieur. Il est primordial d’en parler et c’est ce que le club et les supporters font. Les différentes initiatives prises par le club et les supporters permettent de déconstruire les préjugés, de se solidariser. C’est ce que j’aime du FC St. Pauli, tout le monde est le bienvenu au Millerntor, dans le quartier St. Pauli et au club.

6- Es-tu toujours en contact avec le club, d’anciens coéquipiers ou autres ?

Oui, je suis toujours en contact avec plusieurs joueurs. Nous avons un groupe WhatsApp alors c’est toujours agréable de parler aux anciens et de prendre des nouvelles. Il y a plusieurs réunions dans des restaurants d’Hambourg à chaque année, mais étant assez occupé avec les études et le travail, d’autant plus que nous sommes de l’autre côté de l’Atlantique, ce n’est jamais facile de s’y rendre. Je vois souvent Ian Joy et sa famille à Los Angeles, New York et au Canada. Ian, Moriké Sako et Max Kruse étaient à mon mariage ici à Montréal l’été dernier. J’ai eu la chance de me rendre à Hambourg pendant 2 journées au mois de janvier. La dernière fois que j’étais en Allemagne remonte à 2012. Ça faisait tellement du bien de revoir les amis, Kollaustrasse et Millerntor. J’ai été super bien accueilli par le club. J’ai eu droit à une visite guidée du nouveau centre d’entraînement avec André Trulsen et le Millerntor le lendemain. J’ai également eu une rencontre avec le président Oke Göttlich. Ça faisait chaud au cœur de revoir son ancien lieu de travail et de repenser à tous les beaux moments vécus à Kollaustrasse et au stade. J’ai bien sûr revu plusieurs anciens coéquipiers et amis dont certains travaillent maintenant en tant que staff technique au club. Il ne faut pas oublier Jean-Philip Kalla qui joue toujours au club. Je ne vous le cacherai pas, de revoir les photos d’équipe de 2005 à 2010 dans le vestiaire et le stade m’a grandement ému. C’était un moment chaud en émotion et nostalgique en même temps. Nous nous sommes retrouvés au restaurant dans le Sternschanze en soirée. Deux jours à Hambourg c’est trop court et je n’ai pas eu la chance de revoir tout le monde, mais je ne pouvais pas prolonger mon séjour. Je peux vous garantir que je resterai plus longtemps la prochaine fois.

La carte de Jonathan établie par nos ami-e-s de De Brune Pandaer (Danemark).
7- Tu es parti très tôt de ton pays natal le Canada pour l’Allemagne, et plus précisément le FC St. Pauli. La barrière de langue n’était-elle pas un obstacle trop compliqué au début ?

Oui, ce n’était pas facile, mais je suis une personne qui aime apprendre et qui veut s’intégrer le plus rapidement à mon nouvel environnement. Ma langue maternelle est le français et l’allemand est complètement différent des langues latines. Le fait d’être en immersion m’a grandement aidé. Tout se passait en allemand alors d’entendre les mêmes mots chaque jour a fait en sorte que j’apprenais plus rapidement. Ne pas avoir peur de faire des erreurs a été la clef dans mon apprentissage. Je posais énormément de questions et je n’avais pas peur d’être corrigé par les joueurs. Je me souviendrai toujours de mes premiers entraînements ; je me positionnais derrière la ligne de joueurs, regardais et écoutais, puis j’essayais de reproduire la même chose.  À mon arrivée, plusieurs joueurs m’ont aidé à me sentir comme chez moi et ont fait de St.Pauli-Hambourg une deuxième maison. 

8- Tu as choisi de finir ta carrière de footballeur professionnel assez jeune (24 ans), afin de te diriger vers le droit. Avec le recul, regrettes-tu ce choix ? Ou bien au contraire, penses-tu avoir pris la bonne décision ?

C’est l’une des décisions les plus difficiles que j’ai eu à prendre dans ma vie. Est-ce que je pensais prendre ma retraite aussi jeune ? Non mais je ne regrette pas ma décision. J’ai toujours voulu retourner aux études pour obtenir un diplôme universitaire. Le foot professionnel me manque beaucoup.  J’essaie de jouer le plus souvent possible au niveau amateur ici à Montréal. Je repense souvent au temps passé en Allemagne, c’est un rêve qui est devenu réalité et je suis chanceux d’avoir vécu d’aussi beaux moments. 

9- Et enfin, quel message voudrais-tu passer à notre communauté, dont le choix de supporter le FCSP repose en grande partie sur les valeurs que ce club cultive, à celles et ceux qui voient dans le football autre chose qu’un simple sport ?

Il y a le foot oui, mais il y a plus que cela au FC St. Pauli. C’est un rassemblement, une fête, un engagement social avec de belles valeurs. Venez au Millerntor pour découvrir le tout. Venez dans le quartier St-Pauli et découvrez cette belle culture qui entoure le club. Je le dis souvent ici au Canada ou en Amérique du Nord, si vous avez la chance de voyager en Allemagne et à Hambourg, vous ne pouvez pas manquer un passage à St-Pauli et au stade. Je serai toujours reconnaissant envers le club et fier de l’avoir représenté. J’ai rencontré des personnes extraordinaires au club et il n’y a pas une journée où je ne pense pas à mon passage à Hambourg.

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