Interview spéciale

Interview exclusive avec Sven Brux (1ère partie)

Sven Brux, c’est un peu l’âme et le gardien des valeurs fondatrices du club culte du FC St. Pauli. En effet, depuis le milieu des années 80, il a parcouru avec celui-ci toute l’histoire de la transformation d’un club relativement anonyme en un modèle pour ses homologues allemands et bien au-delà. Fondateur du Fanladen, aujourd’hui responsable de la sécurité du Millerntor, il est autant fan de la scène alternative qu’un officiel incontournable de ce qui est devenu aussi une entreprise réputée et reconnue par ses pairs. Nous l’avons interrogé sur plusieurs aspects d’une vie dédiée au FC St. Pauli, avec toutes ses transformations et tous ses moments de légende.

  • Commençons par le commencement : 1985, la Hafenstrasse est en ébullition, Volker Ippig est au Nicaragua, le FC St. Pauli est en 2. Bundesliga. Et toi, Sven ? Tu es à Hambourg depuis combien de temps à ce moment-là ? Tu fréquentes déjà les tribunes du Wilhelm Koch-Stadion ?

Non, je n’ai déménagé à Hambourg qu’à l’automne 1986 pour faire mon service civil et j’ai fréquenté le stade à partir du printemps 1987.

  • On est en octobre 1989. D’ici quelques semaines, l’Allemagne va connaître le début de son processus de réunification. Mais il y a un événement qui est bien plus important dans l’Histoire : avec quelques ami-e-s de la scène des fans, tu projettes et tu mets sur pied ce qui va s’appeler le Fanladen. Aujourd’hui, c’est une institution pour tou-te-s les fans du FCSP. Comment est née l’idée de cette structure ?

Le vice-président d’alors Christian Hinzpeter et Peter Koch du projet des fans m’ont demandé au début de l’automne 1989 si je pouvais imaginer travailler là-bas. Cela a commencé à la mi-octobre et il m’a été immédiatement clair que nous, en tant que scène des fans, et moi, en tant que membre du lieu de travail, avions besoin d’un point de contact sous la forme d’une boutique près du stade. Je suis donc allé à la recherche de ce lieu et nous avons trouvé un ancien salon de coiffure à 300 mètres du stade, qui est devenu le premier Fanladen en mars 1990. L’idée de base à l’époque était et est toujours qu’une grande partie du travail des fans ne peut pas et ne doit pas fonctionner les jours de match qui sont stressants, mais la semaine, quand c’est plus calme (et quand les gens ne boivent pas trop 😉)…

  • Depuis cette époque, le Fanladen a pris une importance croissante dans la vie de la scène des fans du FCSP. Pour toi qui as contribué à le faire naître, comment vois-tu l’évolution de ce qui était au départ très indépendant de la vie du club et qui, aujourd’hui, est installé dans des locaux à l’intérieur même du Millerntor ? Comment le Fanladen arrive-t-il à maintenir une forme de distance avec les instances du club, distance qui rime en quelque sorte avec indépendance ?

L’évolution du projet, alors individuel, jusqu’au Fanladen d’aujourd’hui, dans lequel beaucoup plus de collègues travaillent, est énorme et n’était pas prévisible à l’époque. L’indépendance du Fanladen par rapport au club principal est toujours là aujourd’hui : tous ceux qui y travaillent sont employés par l’Association Jeunesse et Sports, même les deux représentants des fans, qui selon les règles de la DFL devraient en fait être employés par le club. Ici, nous avons insisté sur la protection des propriétés existantes afin de ne pas mettre en danger un projet qui se déroule bien depuis des décennies. Ce fut un long combat avec la DFL, mais maintenant tout a été résolu. Et dans le stade, le Fanladen est locataire des lieux, tout comme les voisins du Fanraüme et le Musée…

Crédit photo : Witters
  • Le Jolly Roger maintenant. Tu es plus qu’un habitué des lieux, tu en es un membre du conseil de direction, puisque c’est une association. Depuis quelle époque le Jolly Roger est-il devenu ce point de référence presque unique pour la scène des fans du FCSP et comment cette symbiose s’est-elle développée ?

En 1998, les deux propriétaires de notre ancien pub «Zum last Pfennig» ont arrêté et nous, les clients réguliers, avions peur de finir dans la rue. Nous avons donc fondé Ballkult e.V. (association pour le football et la culture à St. Pauli) et ouvert le Jolly Roger en 2000, à cette époque dans une autre rue. J’ai siégé au conseil d’administration de cette association pendant 16 ans et cela fonctionne toujours comme à l’époque : il y a un bureau avec 3 personnes et un conseil d’administration avec 10 personnes. Ceux-ci décident de toutes les choses importantes concernant le pub (et l’auberge associée « Jollyday Inn »). Le directeur général et tous ceux qui y travaillent sont cependant employés normalement et sont payés. Le bureau et le conseil d’association travaillent sur une base volontaire. Je ne sors plus aussi souvent qu’avant, maintenant je suis plus âgé et ne vis plus à St. Pauli. C’est comme partout : à un moment donné, la jeune génération doit prendre le relais et donc mon fils est assis dans le pub là où j’étais assis 😉 Je ne participe à l’organisation et à la gestion de la scène Jolly Roger qu’une fois par an lorsque nous célébrons l’anniversaire du port le 2ème week-end de mai pour organiser un festival de musique.

  • L’AGiM (Groupe de Travail des Membres Intéressés) est moins connue des fans de l’étranger qui, généralement, s’affilient à l’AFM, mais elle joue un rôle fondamental dans la vie du club. On lui doit, par exemple, l’abandon du nom de Wilhelm Koch du stade pour devenir Millerntor. As-tu participé, une fois de plus, à l’aventure de la constitution de ce groupe de travail et comment agit-il aujourd’hui au sein des instances du FC St. Pauli ?

Non, je n’ai jamais fait partie de l’AGiM. Ils sont toujours là aujourd’hui, mais à mon avis, ils n’ont plus la position ou le poids qu’ils avaient auparavant.

Suite la semaine prochaine…

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