Lectures du Jolly Roger francophone

Ossi, une vie pour le football

Compte-rendu de lecture de Ossi, Une vie pour le football, dessiné par Marcin Podolec et scénarisé par Julian Volog, édité par Steinkis.

Dans le monde du football, certains noms nous évoquent des pays, des villes,  notre enfance, nos premiers émois amoureux, rarement la grande histoire.

Lorsque j’entends le nom de la Famille ROHR, c’est la grande époque des Girondins de Bordeaux qui se rappelle à ma mémoire.

La première fois que j’ai tenu le livre dont je vais vous parler ici, c’est le prénom de Gernot que j’ai lu accolé à celui de ROHR au bas de la couverture.

La couverture de l’ouvrage. © Steinkis, 2019, pour la traduction française.

J’ai montré cet ouvrage au libraire en lui demandant ce qu’il pensait de ce gros bouquin, un peu dédaigneux il m’a répondu :

  • « Bah ! Je sais pas, je l’ai pas lu ».

J’ai feuilleté la bête, observé furtivement le dessin, j’ai surtout maté le prix, maudit soit le banquier, pour enfin me diriger vers la caisse.

De prime abord, le dessin ne m’a pas emballé pourtant je me suis facilement laissé convaincre par le scénario d’autant que je savais découvrir une biographie.

Magie artistique ou cérébrale, dans un second temps c’est bien le coup de crayon de Marcin Podolec qui enchante ici. En effet, celui-ci va à l’essentiel et donne ainsi toute sa force aux personnages.

© Steinkis, 2019, pour la traduction française.

Cher lecteur, cher supporteur du FCSP, je vais enfin vous révéler de qui parle cette œuvre.

Oskar « Ossi » ROHR.

Celui-ci est le grand-oncle de Gernot. Tous deux sont nés à Mannheim, Tous deux ont été champion avec le BAYERN, chacun évidement n’a pas traversé les mêmes époques.

Ces deux hommes ont un autre point commun, ils ont évolué dans notre pays.

Ils n’ont toutefois pas quitté l’Allemagne pour les mêmes raisons.

OSSI naît le 24 Mars 1912 à Mannheim. Tout gamin, il tombe amoureux du ballon rond et comme de nombreux enfant il joue avec tout ce qu’il trouve, boulettes de papier journal, paires de chaussettes roulées en boule…

Alors qu’il a dix ans ses parents lui offrent une tenue du VfR Mannheim, le club de la ville. Son sort est scellé, il sera footballeur. Le FC Viktoria sera le club de ses débuts mais aussi celui de la fin de sa carrière. La progression du jeune OSSI Rohr est si vertigineuse qu’il devient l’attaquant de l’équipe fanion dès sa seizième année.

A dix-neuf ans, il rejoint le Bayern qui n’est pas encore le club que nous connaissons aujourd’hui. Ossi marquera sur penalty le premier but de la finale qui verra le club munichois remporter son premier titre de champion d’Allemagne, le 12 juin 1932 face à l’Eintracht Francfort.

© Steinkis, 2019, pour la traduction française.

C’est aussi à cette époque que le jeune footballeur est rattrapé par l’histoire et qu’il devient un homme.

Julian VOLOG, le scénariste et Marcin PODOLEC le dessinateur n’en font pourtant pas encore un héros. En effet, les auteurs ne décrivent nullement Oskar ROHR comme un antinazi de la première heure mais comme un jeune homme poussé irrésistiblement par son adoration du ballon. C’est cette envie de jouer et de vivre de sa passion qui pousse l’homme à fuir son pays et à rejoindre l’Alsace et le Racing Club de Strasbourg dont il fera les plus grands jours et où il évoluera durant quatre saisons.

C’est en cela que leur BD est brillante car elle oblige chacun à se faire une opinion du personnage. Jeune footballeur léger dans un premier temps, jeune homme fuyant l’Allemagne dans un second ? Elle contraint le lecteur un peu curieux à s’intéresser au bonhomme Oskar ROHR et à découvrir. A découvrir……….

© Steinkis, 2019, pour la traduction française.

Mais au fait… Et si vous lisiez cette œuvre et si vous alliez chercher par vous-même les épisodes de la vie d’Oskar ROHR qui vous manquera immanquablement à la fermeture de ce livre.

Quoiqu’il en soit il faut se pencher sur le destin hors du commun de ce joueur et lui rendre chaque jour hommage. Si ce cahier de dessins n’a qu’un mérite et ce n’est pas le cas, c’est celui de rendre à OSKAR, non pas ce qui lui appartient mais sa place dans la grande histoire.

Merci

sam

Aussi, je tiens à mettre en avant la maison d’édition STEINKIS, jeune maison d’édition (10 ans), peu connue, qui pourtant possède un catalogue fort. Quelques titres suffiront à vous la situer :

Sortie d’Usine, Au nom de la Bombe, Seydou en quête d’Asile, ou encore Corps en Grève…

Pour finir la phrase d’accroche de STEINKIS est :

« Les hommes construisent trop de murs et pas assez de ponts » Isaac Newton

Avec l’aimable autorisation des Editions Steinkis.

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